Journée sans presse
La journée sans presse organisée par le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS, patronat) est respectée par la majorité des entreprises de presse. A cet égard on constate que certains groupes de presse à l’image de Walfadjiri, le journal Yoor Yoor bi ainsi que les médias publics n’ont pas répondu à cet appel des patrons de presse. Tout est parti d’un différend avec les nouvelles autorités. Ces dernières depuis leur arrivée au pouvoir exercent une politique fiscale sur l’ensemble des entreprises nationales et internationales établies au Sénégal. De prime abord le président Bassirou Diomaye Faye avait pris dès l’entame de ses fonctions une décision d’abroger le décret de son prédécesseur Macky Sall. Le chef de l’Etat d’alors à une semaine de la fin de son mandat avait décidé de faire une exonération fiscale aux entreprises de presse.
A cela s’ajoute la suppression des conventions entre certaines structures de l’Etat et la presse. A titre d’exemple nous pouvons citer la Lonase et le port autonome de Dakar. Les directeurs généraux de ces deux boîtes ont mis fin aux accords publicitaires qui les liaient à certaines entreprises de presse. En outre la direction générale des impôts et domaine (DGID) à son tour décide de bloquer les comptes de plusieurs groupes de presse. Elle les accuse de ne s’être pas acquittés totalement de leurs obligations fiscales. Tous ces faits viennent corroborer le bras de fer qui existe entre le nouveau pouvoir et la presse. Par contre ces relations électriques ne datent pas d’aujourd’hui. Car le parti PASTEF dans l’opposition s’est régulièrement heurté à certains médias. Le leader de ce parti Ousmane Sonko ne manquait pas de temps en temps de fustiger la presse qu’il qualifiait de corrompue. Certains patrons de presse à leur tour ne manquaient pas aussi de cataloguer le président de PASTEF comme un homme violent.
In fine le magnat de la presse dans un communiqué et un édito commun dénonce l’attitude de l’état. Selon les patrons de presse « les nouvelles autorités cherchent à asphyxier les médias voire même vouloir les tuer pour avoir le monopole de l’information ». Dans ce qu’il appelle la mort programmée des médias les patrons de presse « rappellent le rôle crucial d’une presse libre et démocratique dans un pays. Ils reviennent également sur le rôle joué par les médias dans les différentes alternances qui se sont succédé au Sénégal… » . Ils appellent en outre le président de la république à ouvrir des voies de négociations pour qu’ils trouvent ensemble une issue heureuse à cette situation. Ceci, après avoir déposé en vain deux lettres de demande d’audience auprès du président Bassirou Diomaye Faye.
Les autorités, de leur côté, pointent la responsabilité des patrons de presse à ne se conformer aux lois. Ils les accusent de ne pas payer les impôts. Pour le premier ministre, il s’agit d’un « détournement de fonds ». La journée sans presse n’a pas fait l’unanimité dans les rédactions. Car beaucoup de jeunes reporters ont décidé de leur tourner le dos.
Babacar Diouf / Cesti

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