Et pourquoi les réformes traînent-elles ?
Le 24 mars 2024, au soir de l’élection présidentielle, les Sénégalais ont gambadé de joie. Ce jour-là, ils ont choisi de tourner la page d’un régime ploutocratique. Ils ont exprimé leur volonté ferme d’en finir avec une gouvernance clanique et une gestion nébuleuse des deniers publics.
La décennie précédente a été marquée par l’opacité dans la gestion des ressources naturelles. Des rapports d’enquête ont été soigneusement enfouis, les micmacs financiers et fonciers se sont multipliés, et une justice sélective a été largement décriée. Cette période a aussi été celle de la liquidation politique d’opposants. Des candidats sérieux à la magistrature suprême ont été écartés au nom d’arguments juridico-politiques fallacieux.
Mais depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, les grandes réformes tant attendues peinent à se matérialiser. La réforme de la justice tarde. La reddition des comptes semble s’essouffler. Et, ironie de l’histoire, ceux-là mêmes qui ont piétiné la démocratie, emprisonné des centaines de jeunes, détourné des milliards et falsifié des chiffres… prennent aujourd’hui la parole sans gêne, comme si de rien n’était.
Dans les médias, les débats sont affligeants. La désinformation, les diffamations et les manipulations ont pris le pas sur les faits et la rigueur intellectuelle. Pendant ce temps, l’administration reste engluée dans ses lourdeurs, incapable de produire le choc salutaire qu’exige l’urgence nationale.
Le pays a besoin, et vite, d’une kyrielle de réformes profondes :
• Mettre fin à la manipulation à outrance,
• Purger les dossiers pendants devant la justice, notamment les tragédies de mars 2021 à juin 2024,
• Redonner de la dignité aux institutions,
• Et faire taire, enfin, ces ombudsmans autoproclamés qui, trop souvent, s'illustrent par leur silence complice en amont et leur indignation sélective en aval.
La rupture systémique, promise par le nouveau pouvoir, ne peut être différée. Elle exige des sacrifices. Elle exige du courage. Car elle est, aujourd’hui, le seul chemin pour sortir le Sénégal du gouffre.
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