Reportage sur la vente de moutons





En prélude de la Tabaski 2024 le Daral(foirail) journalier de Mbour est très animé. Père, mère ou soutien de famille sont tous venus pour s’approprier d’un bélier.  Cet espace très convoité ces derniers temps est plein de monde

 

A 48h de la fête musulmane de l’Aïd el Kabîr le foirail de Mbour est approvisionné en mouton et l’arrivée des clients est aussi noté. Une bonne présence des moutons est constatée dans cette place. Dès notre arrivée un homme en bonnetnoir, bassine de foin en main nous accueille en ces termes« Kay xol xar bi » (vient voir ce mouton). Ce samedi 15 juin 2024 le Daral(foirail) de Mbour situé dans le quartier Oncad près de la station Total énergie est le lieu de convoitise de pères et mères de familles. Comme chaque année à l’approche de la fête de Tabaski les personnes se profitent pour se procurer de leurs besoins en moutons. Plus populaire que d’habitude le contexte explique cet engouement immense qui règne de tout bort. L’ambiance est festive, entre sonorisation des vendeurs de téléphone et cries des moutons les éleveurs déroulent le tapis rouge aux clients. A 13h le soleil est au zénith, la canicule rend difficile le travail. Ce lieu n’accueille autant de personnes qu’à pareille époque. Si pour certains les prix sont abordables, les autres pensent totalement le contraire.

Au bord de la route nationale numéro un le décor est le même, des bâches, des grillages remplient de moutons et des abris bien aménagés se succèdent, d’autres exposés sousle chaud soleil. Les personnes se faufilent pour passer ou accéder à l’intérieur du marché. Toussont venus pour les besoins de la fête, les uns pour vendre et les autres pour acheter. Dans ce foirail le constat est unanime il y’a différentescatégories de moutons et les prix varient selon le besoin. Dans un restaurant à côté un vieux Diola dont le visage renfrogné, renseigne sur sa fatigue, discute avec la gargotière. Selon l’homme âgé d’une soixantaine, cette année il y’a peu de moutons comparée aux années précédentes. Il précise que d’ici demain il n’y aura plus de mouton. Mais Ndeye Fall vendeuse du restaurant vêtue d’un boubou marron assise sur une chaise devant sa table où sont posées des bols et cuillères ne partage pas cet avis. Cette dame rétorque qu’il y’aura pas de déficit car les camions continuent de décharger, ce qui pourra approvisionner le marché en quantité. Elle renchérit que tous ceux qui sont à Sandiara viendront à Mbour dès ce soirEt cela pourra contribuer à la forte demande des citoyens dans cette localité populaire.

 

   Des vendeurs optimistes de la suffisance desmoutons

Cette année il y’a n’a assez selon des hommes présentent tous les jours sur les lieux. Assis sur un bidon vide tout prêt de la route entouré de ses six moutons en vente, Diegane Faye est un jeune vendeur âgé de 25 ans casquette fixée sur la tête il est vêtu d’un body noir et d’un blouson rouge. Selon ce monsieur dont la fatigue se lit sur le visage les moutons ne s’épuiseront pas. Il est péremptoire que s’il y’a excès de moutons c’est parceque les autorités qui ont ouvert la voie aux pays proches l’ont voulu. De sa part sa marche puisqu’il a réussi à en vendre quelques.  En outre beaucoup d’entre eux partagent cet avis. Comme tout vendeur,leurs seules préoccupations est de se débarrasser de leurs marchandises. Birame Diouf à son tour martèle que  « regardes de gauche à droite, partout tu vois des moutons ». Selon cet homme élancé assis à côté du point de transfert d’argent de wave il y’a une nette évolution comparativement aux années précédentes. Cependant une cliente du nom de Binta Gueye affirme que « plus qu’il y’a une importante quantité, plus les pères de famillespourront avoir leur mouton à un prix raisonnable ». D’après cette femme tout de blanc vêtue c’est une bonne chose. Elle s’en réjouit. 

Sur la même voie juste à côté du point dépôt de la Sonaged Guene Faye un vieux âgé de plus de 60 ans élancé et corpulent vêtu d’un boubou gris et en sandales, entouré de deux vendeurs et de leur fortune marchande un bélier. C’est ainsi le jeune propriétaire crampe sur son prix «. Xar bi 150 mille lay diar » (ce mouton vaut 150 000 Fr). Mais les discussions continuent le vieux propose 130000fr et le propriétaire rétorque 145000 milles. Ce jeune vendeur dont la culotte n’est pas attachée et son client finiront de s’attendre sur un prix de 140000fr. D’après ce père de famille les prix sont abordables. Par ce que ce n’était pas évident d’avoir un mouton à ce prix les années passées. Les moutons sont accessibles aux différents couches sociales en fonctions de leurs revenus laisse-t-il entendre. Mais cette opinion n’est pas partagée car d’autres disent non.

       

   Diverses appréciations du marché de l’année :

Les moutons ne sont pas accessibles à bas prix c’est de l’avis de Doudou Diene habillé en pentathlon bleu, chemise blanche âgé 45 ans. Ce  client venant de Dakar soutient que les moutons sont chers. Pour les raisons il avance la cherté de l’alimentation des bétails.  M. Diene dit avoir proposé 200 milles pour un mouton mais en réalité il n’a pas réussi à obtenir celui-ci. Cette année il y’a n’a beaucoup certes mais les prix sont élevés. Il faut avoir plus 100 milles pour espérer avoir un petit mouton. C’est l’avis de Maodo Ndiaye client. Cet homme élancé de teint claire n’est pas content de l’habitude des éleveurs mais dit  les avoir compris à cause de la cherté de l’alimentation. Il faut se faufiler entre moutons et éleveurs pour entrer au fond du marché. A côté de la route un homme accompagné par sa femme s’en prend à un chauffeur de taxi, ce dernier plus compréhensif négocie avec l’homme qui semble être découragé, son visage mouillé de sueur conforte sa fatigue. Il tient la corde d’un gros bélier blanc. Tout prêt du château d’eau, un homme avec ses quelques moutons communément appelés « xarou yar » ou (moutons élevés en maison)appelle une cliente, qui observe tranquillement, en ces termes «  sokhna si Kay xol fi » (madamevient regarder ici). La femme avec sa corpulence qui s’impose est vêtue d’un grand boubou vert avec des traits blancs, accompagnée de ses deux fils. Elle n’accepte pas le prix proposé par le monsieur. Après quelques minutes de marchandage elle avance.En effet chez ce monsieur il faut au minimum 200 milles francs pour espérer avoir un mouton  lance-t-elle à ses enfants. Par contre un autre homme du nom d’Adama Diop, vêtu d’une chemise blanche est accompagné de son ami devant le taxi où ils se trouvent il y’a deux tentesremplies de moutons. Ils nous affirment que cette année les prix sont plus abordables que les années précédentes. C’est peut-être dû à la baisse du cout de l’alimentation du bétail, ces derniers temps par le ministre de l’élevage ou bien même à l’ouverture des frontières qui n’étaient pas le cas l’année passée suite aux manifestations qui avaient précédé la Tabaski.  M. Diop dit être satisfait des prix qu’il a vusdans le marché. Les préparatifs de la tabaski ne sont jamais faciles, le dur labeur qu’endurent les populations en atteste.




      Babacar Diouf /CESTI

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SONKO, DIOMAYE : UN DUO , UN ESPOIR

Et pourquoi les réformes traînent-elles ?

Les étudiants face à un avenir incertain