- [ ] Report de l’élection présidentielle, l’ultime surprise


 Le chef de l’Etat Macky Sall a décidé d’abroger le décret convoquant le corps électoral le 25 février prochain. Il en a toutefois décidé de  reporter l’élection présidentielle jusqu’au 15 décembre prochain . Il l’a fait savoir lors d’un discours à la nation prononcé samedi dernier . Le président Macky sall évoque une crise institutionnelle entre l’assemblée nationale et le conseil constitutionnel. 


Après que ce dernier a arrêté la liste définitive des candidats à 20, tout en rejetant plusieurs candidatures dont celui du chef de l’opposition Ousmane Sonko et du fils de l’ancien président Wade, en l’occurrence Karim Maïssa Wade. Les députés du groupe parlementaire liberté et démocratie ont décidé d’introduire une demande de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la table du président de l’assemblée nationale Amadou Mame Diop,pour des faits supposés de corruption et d’un processus électoral biaisé selon les pourfendeurs de cette thèse.


En plus les parlementaires libéraux déposent une requête subsidiaire pour demander cette fois ci le report de l’élection. Une requête qu’ils auront gain de cause. Les libéraux soupçonnent une corruption entre un homme politique et deux juges constitutionnels. Une affaire dans laquelle est citée le juge Cheikh Tidiane Coulibaly frère d’Abdoulatif Coulibaly ministre secrétaire général du gouvernement . Ce dernier vient de démissionner de son poste, au regard de ce qui se passe à l’assemblée nationale.


Ce report constitue le premier depuis l’indépendance, une élection présidentielle n’a jamais été repoussée depuis 1960. Ni le président Senghor, ni Abdou Diouf encore moins qu’Abdoulaye Wade n’ont jamais allé aussi loin. Si on se fie à la jurisprudence du conseil constitutionnel lors de sa déclaration en 2016 le président n’avait pas la prerogative de diminuer son mandat. Partant de cette grille d’analyse on sous entant qu’il ne peut pas faire le contraire, c’est à dire de l’augmenter .La responsabilité de chacun est engagé pour lutter contre cette ivraie et se débarrasser de ce régime hermétique. 


Par analogie à ce que l’actuel chef l’Etat incarnait en 2012, dont le respect des droits de l’homme et le respect scrupuleux du calendrier électoral, tous les citoyens épris de justice sont surpris. La démocratie est aujourd’hui balafrée, dans un États de droit où les textes sont violés et foulés allègrement aux pieds s’ils sont en défaveur avec les  dirigeants. Cette décision de trop montre le degré de l’impéritie du régime en place. 


Par ricochet tout les efforts consentis jusqu’ici tous les sénégalais réclament sans réserves la tenue du scrutin à la date prévue. A défaut cette jurisprudence constituera un précédent dangereux dans l’histoire politique du Sénégal. Car demain d’autres pourront user de leurs forces pour s’agripper au pouvoir illégalement. Si le Sénégal était longtemps catalogué comme une Havre de paix, il est aujourd’hui à la croisée des chemins. Tout le monde s’intéresse sur la situation politique du pays.


Durant 12 longues années le peuple sénégalais a tout donné au président de la république et ses équipes. Le pouvoir avec tout ce qui va avec, les scortes larmoyantes ainsi que toutes les conditions de travail nécessaires. Mais voila la récompense inattendue que ce pouvoir impose à son peuple. C’est avec une entante tacite que la coalition Beno Bok Yakar (BBY ) et le parti démocratique sénégalais ((PDS ) ont fait passé ce vote. Cette commission d’enquête n’a que pour but d’atteindre des fins politiques. Au moment ou la mal gouvernance, la mauvaise gestion des derniers publics, les vols et les détournements de fond minent le pays aucune commission n’a été mise sur pied pour l’intérêt du peuple sénégalais. 


Le dernier rapport le plus dramatique reste celui de la Covid 19 publié par la cours des comptes qui reste toujours sans suite. Des personnes qui s’enrichissent injustement sur le dos des pauvres citoyens, des manifestations réprimées dans le feu, une restriction des libertés d’expression, plusieurs jeunes tuaient lors des manifestations de mars 2021 et de juins 2023 mais hélas aucune commission d’enquête parlementaire pour élucider ces faits aussi mesquines les uns et les autres n’est jamais mise en place. Depuis samedi c’est le haro total dans l’ensemble du territoire national. 


Pendant ces trois dernières années le Sénégal a été le théâtre d’affrontements entre opposition et pouvoir avec  d’énormes tribulations politiques qui ont laissé leur stigmate un peu partout. Dans cette panoplie d’exemple qui prouve le niveau de la gouvernance despotique et clanique, c’est aujourd’hui le désespoir dans toute la nation. Nous sommes face à une situation qui ne doit laisser personne inerte. Tous les arguments avancés pour motiver ce report sont fallacieux et aucun  ne saurait prospérer . Jean Paul Sartre disait «  seul le peuple est souverain »,ce même peuple décide de partir à l’élection afin de choisir celui qui sera à la tête de ce pays. 




            Babacar Diouf/ CESTI !!!

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