DISCOURS DU PRÉSIDENT : QUOI RETENIR ?


Toujours pas de date pour l’élection présidentielle ?

Un dialogue en gestation en debout de semaine pour fixer une date consensuelle ?


Ce jeudi 21 février 2024, le Président de la République, Macky Sall, a face à 5 journalistes de la RTS, du Soleil, de ITV et SENEWEB. Parmi ces 5 journalistes, il y a Racine Talla, DG de la RTS, membre de l'APR et Yakham Mbaye, DG du quotidien Le Soleil, membre de l'APR. 


Les questions ont porté notamment sur l'élection présidentielle et tous les problèmes qui y sont liés.


1. Le Président de la République tient à son dialogue national qui ne concerne pas seulement les candidats officiels. Il s'ouvre à toute la classe politique et à la société civile. Le dialogue aura lieu le lundi 26 et mardi 27 février. 


2. Le Président de la République affirme que la date de l'élection sera fixée au sortir de ce dialogue.  Si un consensus n'est pas trouvé, il pourrait se référer au Conseil constitutionnel. 


3. Le Président souhaite aussi une élection "inclusive" ce qui renvoie à l'intégration de ceux qui sont déjà écartés. Cela suppose alors une reprise total du processus électoral. 


4. Le Président dit que sa mission à la tête du Sénégal se termine le 02 avril. Mais il est évasif sur ce qu'il fera exactement au cas où l'élection ne se tient pas avant cette date. Il évoque les divergences dans l'interprétation de l'article 36 de la Constitution. La possibilité de rester au pouvoir au-delà de cette date n'est pas écarter. Il se réfère aux décisions qui sortiront du dialogue et à un probable avis du Conseil constitutionnel. 


Le précise que dans tous les cas, l'élection va se tenir avant l'hivernage. 


5. Le Président est favorable à la libération de Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye et les autres prisonniers politiques. 

Il est alors très probable de voir les deux premiers libres avant le démarrage du dialogue, le 26 février. 


6. Le Président annonce un projet de loi d'amnistie dans le sens de pacificier le climat social. Il dit souhaiter la " réconciliation et le pardon" qui sont des gages 


7. Le Président est très remonté contre la communauté internationale qu'il accuse de faire "une campagne de presse". Je ne mérite pas cette campagne  internationale nauséabonde contre moi" a-t-il dit. 


Mon avis est que le Président ne veut pas tenir une élection avant le 02 avril et il souhaite que les candidats écartés reviennent dans la course. Le fait d'élargir le dialogue à ces derniers est une manière de légitimer sa volonté. 


Il apparaît aussi clairement que le Président cherche à protéger ses arrières. La réconciliation et le pardon prônés ne visent qu'à éviter des poursuites à sa famille et ses alliés. 


Il reste à voir comment la population sénégalaise, seule souveraine, va se comporter par rapport à la volonté d'envisager d'organiser l'élection au-delà du 02 avril et de faire revenir  les autres dans la course. 

La position des candidats officiels est vivement attendue.


Le problème reste entier, la crise pourrait persister.

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