Reconfiguration de l’espace politique politique et rétribution de la carte électorale ?




L’ élection présidentielle du Sénégal doit se tenir  le dimanche 25 février 2024, vingt candidats seront en lice pour briguer le suffrage des électeurs. Pour la première fois dans l’histoire du pays le Président en exercice ne sera pas candidat. Ce dernier a déjà épuisé ses deux mandats. Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours à l’exception de la démission du président Senghor en décembre 1980, tous les autres chefs d’Etats ont été des candidats à leur propre succession. Cet fois ci il n’est  pas question de démettre mais plutôt d’élire. 


En effet la carte électorale du pays semble être chamboulée du fait que le président sortant, son excellence Macky Sall, et le principal candidat par ailleurs chef de l’opposition, Ousmane Sonko, ne sont pas des candidats. Le premier, conformément à la Constitution et à son serment, est exclu de la course et le second, à cause de ses démêlés judiciaires, est éliminé par le Conseil constitutionnel. Cela fait booster de nouveaux profils qui rempilent pour la magistrature suprême.


On peut citer l’exemple d’Amadou Ba candidat de la coalition au pouvoir, Benno Book Yakaar, qui roucoulait, quelques mois derrières, pour un troisième mandat du président de la République. Mais aussi du candidat Bassirou Diomaye Faye désigné par Ousmane Sonko et son parti dissous, le PASTEF. L’élimination de Karim Wade, candidat de la coalition Karim 2024, à cause de sa double nationalité qui n’est pas conforme à la constitution, de même que  la réintégration de Khalifa Sall sur les listes remet la carte électorale en question. Ces différents profils disputeront âprement ces échéances.


Si on se fie aux dernières statistiques des élections locales et législatives la coalition au pouvoir est en baisse de niveau et s’effrite de plus en plus. Alors que l’opposition gagne de plus en plus du terrain.Lors des élections législatives ils avaient 46% des voix, avec une petite marge de victoire.


 Après ces dernières élections, plusieurs cadres ont quitté la coalition gouvernementale et certains d’entre eux comme Aly Ngouille Ndiaye , Mame boy Diao et Boune Dione sont officiellement candidats à l’élection présidentielle. Leur participation pourrait diminuer les avantages du candidat de la majorité à gagner ces joutes électorales. 


Le candidat soutenu par Ousmane Sonko pourra également bénéficié d’un capital de sympathie des sénégalais au regard du contrat de confiance établi entre ce parti d’opposition et une frange du peuple. C’est clair alors que le Leader des patriotes participera à cette élection présidentielle,même si de manière indirecte. 


Par analogie, un parmi les candidats se trouve en prison. Bassirou Diomaye Faye qui a bénéficié du parrainage citoyen de PASTEF les patriotes est alpagué depuis le mois d’avril dernier pour outrage à magistrat, diffamation… suite à un poste sur sa page Facebook. Son dossier est également durci car le doyen des juges a fait une jonction des deux dossiers. Il se retrouve alors avec les chefs d’inculpations de son patron sauf le vol de téléphone. 


Cette manière de vouloir vaille que vaille éliminer tout candidat issu d’un parti est ubuesque. En ce moment de la procédure il y’a beaucoup plus « d’out- siders » que de favoris car les principales pointures sont hors  course. Mais quoi que l’on puisse dire le candidat de la mouvance présidentielle et celui soutenu par Sonko sont les potentiels favoris. Certains analystes et observateurs disent qu’un second tour est probable. 


             

        Babacar Diouf / CESTI 

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