Ribambelle de candidature: Pourquoi la fonction présidentielle fait-elle rêver


Le compte à rebours a sonné, le 25 février 2024 marquera un tournant décisif dans l’histoire politique du pays. Comme tant d’autres dates et repères mais fois ci pour la première,
  le Sénégal organisera une élection présidentielle sans le président en exercice notamment M. Macky Sall qui a épuisé ses cartouches. C’est ainsi que les déclarations de candidature se multiplient du jour au lendemain. En effet faisons  un petit regard dans le rétroviseur et rappelons quelques événements avant d’arriver à cette floraison de candidature.


Dans les années 1960 le Sénégal comptait quatre partis politiques au maximum dont les deux vivaient dans la clandestinité car n’ayant pas d’accréditation ( bloc des masses Sénégalaises de Cheikh Anta Diop et le Parti africain de l’indépendance PAI de Mahmout Diop ), ce pendant le Bloc démocratique sénégalais de Senghor et la SFIO de Lamine Gueye avaient fusionné. Le régime d’alors parlait de parti dominant ou de parti d’Etat pour réfuter l’idée du parti unique avancé par l’opposition. C’est dans les années 1974 avec l’avènement du multipartisme limité que naquit le PDS de l’avocat Me Wade. Cette même aventure continue jusqu’en 1981, le Pr Abdou Diouf signa le multipartisme intégral, ce qui fait pendant son départ en 2000 le Sénégal comptait une quarantaine de formations politiques.


 Par ricochet les autres acquis démocratiques nécessaires pour le développement, nous devons nous poser la lancinante question de savoir quelle est l’importance des centaines de partis dans un petit pays comme le nôtre. Rappelons également que le parrainage existe depuis 1963 où on exigeait aux candidats des signatures d’une dizaine de députés pour se présenter aux élections, pendant que l’assemblée nationale était composée que des parlementaires du pouvoir, voilà pourquoi le Sénégal a connu des élections avec un seul candidat.



En 2012 il était demandé aux candidats indépendants dix mille signatures des citoyens pour ce présenter, tout cela pour mieux encadrer  les élections . Malheureusement cette nouvelle génération veut tout simplement valdinguer se mythe dans le souci de s’enrichir.


« cela s'est dessiné depuis l'avènement des libéraux(Wade et cie) en 2000 et poursuit aujourd'hui avec le règne de Macky Sall contrairement au Socialistes(Senghor, Abdou Diouf) qui avaient véritablement une vision transcendante et exaltée de l'État. D'alors il y'avait une dimension symbolique dans laquelle qu'on mettait l'accent et que les libéraux on déconstruit au service de l'action politique pour ne pas dire l'action politicienne et c'est ce qui est aujourd'hui de fruit de la désacralisation de nos institutions. » Maurice Soudieck Dione.


Aujourd’hui la fonction présidentielle paraît désacralisée au regard des nombreuses déclarations de candidature, « ils baignent tous dans un ponce-pilatisme effroyable » pour paraphraser Abdou L Coulibaly.  Être président de la république est tellement sérieux qu’on ne devrait pas aujourd’hui donner à peu près  200 personnes des fiches de parrainage . Nos acteurs politiques s’enrichissent sur le dos des sénégalais au regard des nombreux scandales, détournements et vols des derniers si on en croit aux corps de contrôle . C’est peut-être ce qui explique aujourd’hui ces mesquineries autour de ce rendez-vous  ? Des personnes sans parcours ou sans mérite viennent avec leurs arguments saugrenus squatter nos maisons pour arriver à leurs fins notamment la boulimie insatiable des ressources naturelles . 


 Au moment où le parrainage reste un filtre très important et sérieux, nous pouvons considérer ces retraits de fiches comme des grivoiseries à la quête du buzz.   « Cette désacralisation ou encore décrédibilisation qui dégénère d'autant plus que les actes politiques qui sont posés dans le sens de la recherche, de la conquête et de la conservation du pouvoir de la manière la plus efficace qu'il soit, fait en sorte que tous les autres qui doivent donner du crédit, du ténus et du sens à l'Etat sont négligés. Ce qui fait qu'on entre dans une sorte de pouvoir personnel qui banalise les institutions et qui se répercute sur le fonctionnement de l'administration, sur les représentations et sur la perception que le peuple a sur les institutions. 


Juste un rappel de ce que c'est *Président de la République*

Dans notre système politique actuel, le président de la République est le centre de gravité du système politico-institutionnel. Il est la référence obligatoire et obligé de la légalisation de toute légitimité et la légitimation de toute légalité. Il est le gardien de la constitution, il nomme les emplois civils et militaires, il est chef suprême des armées, il est protecteur des arts et lettres, il est le garant de l'indépendance nationale et de l'intégrité du territoire. Le président de la République veille à la sanctuarisation souveraine de l'indépendance  de l'intégrité territoriale. Bref cette institution constitue la clé de voute  pour l'agencement et maniement des structures d'Etat. Le président est un homme-institution qui polarise l'essentiel des pouvoirs, qui sont des pouvoirs exorbitants. La fonction présidentielle est lourde, exaltante au regard de toutes les charges qu'elle incombe. Manifestation c'est beaucoup de responsabilités. » Maurice Soudieck Dione .




           Babacar Diouf 

            Politiste / étudiant journaliste au Cesti 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SONKO, DIOMAYE : UN DUO , UN ESPOIR

Et pourquoi les réformes traînent-elles ?

Les étudiants face à un avenir incertain